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Qelasy, le premier cartable électronique africain.

La première tablette éducative africaine, la Qelasy, a été conçue en Côte d’Ivoire par la société Siregex. Cet appareil conçu pour résister aux conditions de chaleur du continent africain est déjà utilisé dans 196 écoles ivoiriennes, sénégalaises, nigériennes et marocaines. Il veut désormais se faire une place en Europe.

qelasy school 1

Les enfants de 196 écoles de Côte d’Ivoire, du Sénégal, du Niger et du Maroc n’ont plus besoin de trainer leur cartable rempli de livres scolaires pour aller à l’école. Ils vont en cours avec une tablette éducative Qelasy, qui ne pèse que 480 grammes. Lancée en septembre 2014 par la société Siregex créée fin 2013 et basée à Abidjan, cette tablette de huit pouces renferme l’équivalent de milliers d’ouvrages. Les élèves du CP à la troisième (bientôt de nouveaux niveaux scolaires et universitaires vont être ajoutés) peuvent y suivre l’intégralité de leurs cours. L’accès à des contenus liés aux loisirs, comme des jeux vidéo par exemple, est limité.

qelasy boy

ÉTANCHE ET RÉSISTANTE À LA CHALEUR

La Qelasy a été conçue au départ pour répondre aux besoins des étudiants vivant en Afrique subsaharienne (et dans une moindre mesure au Maghreb) : pour se connecter au net, elle passe par les réseaux mobiles. C’est idéal dans une région du monde où l’infrastructure fixe n’est pas développée partout. « En Afrique de l’Ouest, 80% de la population a accès à l’Internet mobile. La 3G fonctionne dans les grandes villes et le Edge dans les petites municipalités et à la campagne. Cette tablette peut donc être utilisée dans les écoles des villages qui étaient jusqu’à présent privées d’accès Internet », souligne Thierry N’Doufou, le PDG de Siregex.

L’appareil est étanche. Il résiste aux intempéries, à la poussière, mais également à la chaleur. La Qelasy supporte des températures supérieures à 55 degrés, soit 10 degrés de plus en moyenne que les tablettes classiques. L’équipe de Thierry N’Doufou, qui compte actuellement 17 personnes, a enveloppé la machine d’une coque de silicone pour qu’elle résiste aux chocs que risquent de lui infliger ses élèves de propriétaires. Elle est vendue environ 270 euros : « Les parents des élèves des écoles privées paient eux-mêmes le matériel. Quand les Qelasy sont utilisées dans le public, l’Etat les subventionne« , explique le PDG.

DES CONTENUS EN PARTIE INTERACTIFS

Pour numériser les livres scolaires que contiennent les tablettes, l’entreprise a négocié avec les ayants droit (souvent les Etats). « Les contenus que nous proposons sont en partie interactifs. Des vidéos illustrent les cours et les élèves peuvent faire leurs exercices directement sur leur Qelasy. Ils ont un profil personnalisé pour suivre leur progression« , détaille Thierry N’Doufou. La société n’a pas essayé de révolutionner l’Education nationale ni de bouleverser les programmes scolaires, pour ne pas rebuter les Etats : elle a besoin de leur accord pour que son activité décolle.

Siregex, qui a ouvert un bureau à Paris fin 2014, veut lancer ses premiers projets pilotes en Europe à la rentrée 2015 et mise sur un lancement effectif dans les pays francophones, anglophones et hispanophones du Vieux Continent en septembre 2016. Aujourd’hui, les Qelasy sont fabriquées en Chine, mais Thierry N’Doufou voudrait créer une unité de production en Côte d’Ivoire d’ici deux ans, s’il arrive à trouver sur place les personnes disposant des compétences nécessaires.

Lélia de Matharel

source 

 

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